| LEAR. - Où étais-je?... où suis-je?... Oh! la belle
clarté je m'abuse sans doute grandement... A voir un autre ainsi, je mourrais de
pitié... Je ne sais que dire... Je ne jurerais pas que cela, ce soient mes mains...
Voyons, je sens la piqûre de cette épingle... Ah! que je voudrais être sûr de ce que
je suis!... CORDÉLIE, se rapprochant de lui. - Oh! regardez-moi, sire;
puis, étendez sur moi, pour me bénir, vos mains...
(Lear veut se mettre à genoux devant elle.)
Non, sire, ce n'est pas à vous de vous agenouiller. |
LEAR
Where have I been? Where am I? Fair daylight?
I am mightily abused; I should e'en die with pity,
To see another thus. I know not what to say.
I will not swear these are my hands: let's see;
I feel this pin prick. Would I were assured
Of my condition!
CORDELIA (kneels)
O, look upon me, sir,
And hold your hand in benediction o'er me;
No, sir, you must not keel. |
LEAR
Où ai-je été ? Où suis-je ? Fait-il grand jour ?
Je suis bien maltraité. Je mourrais vraiment de pitié
Si j'en voyais un autre en cet état. je ne sais pas que dire.
Je ne jurerais pas que ce sont là mes mains regardons!
Je sens cette épingle me piquer. Je voudrais être assuré
De l'état où je suis.
CORDELIA, s'agenouillant.
Oh! jetez vos yeux sur moi, Monsieur,
Et tendez vos mains sur moi pour me bénir.
Non, Monsieur, il ne faut pas vous agenouiller. |