SAUVONS-NOUS DU RÈGNE DES SOTS
Dans la haine il n'y a que haine,
Puis de la haine
Et encore de la haine.
Dans le mépris il n'y a que mépris
Puis du mépris
Et encore et toujours du mépris.
Dans la vengeance il n'y a que vengeance
Puis de la vengeance
Et, toujours, interminablement, de la vengeance.
Vous n'en bâillez pas quelquefois d'ennui ?
Dans la vengeance, le mépris et la haine
Il n'y a que mort,
Puis de la mort et encore et toujours de la mort,
Interminablement une plus morne mort
ET VOTRE MORT À VOUS D'ABORD.
Vos haines sont contre vous toutes les haines,
Vos mépris sont contre vous tous les mépris,
Vos vengeances sont contre vous toutes les
vengeances.
Vous ne percevez pas que vous êtes très sots ?
On vient de vous placer dans un désert,
On va vous placer dans un désert plus désert,
Puis dans un désert définitivement désert.
On vous dit :
« Demandez pour votre voisin le désert
! »
On vous le dit
Pour qu'on puisse faire de vous le désert.
Vous êtes tous cadavres depuis quelques ans,
Cadavres très contents,
Cadavres réclamant
Davantage de haine, de mépris, de vengeance
Pour devenir davantage cadavres.
Vous pouvez ressusciter d'entre ces morts ;
Ce n'est pas difficile
Et c'est moins ennuyeux.