Armand Robin: le traducteur
* Ma Vie Sans Moi (partie traductions) 1940 *
Je suis le dernier poète des villages, Nul pont de bois dans les chants ne dit mot. Seul je viens voir l'encensoir des feuillages A la messe d'adieu des bouleaux. Il brûle et croule en flammes d'or, Le cierge dont mon corps est la cire. Et la lune sur le cadran des arbres Va me râler ma douzième heure. Sur le sentier du champ bleu-ciel Bientôt surgira l'hôte de fer. L'avoine rouge où l'aube ruisselle, Sa main noire va la saisir. Paumes étrangères, paumes sans vie, En votre ère mon chant ne peut naître! Ils restent seuls, les coursiers-épis, Pour regretter leur ancien maître. Le vent sucera leur hennissement En déployant la danse funéraire. Bientôt, bientôt les bois sur leur cadran Me râleront ma douzième heure.
Essénine,1921.
Index des textes de traduction