Nous ne naissons point
naturels : les plantes et les ruisseaux, pour
être accueillis par cette partie de nous qui seule les conçoit clairement, doivent se tenir en quelque haut jardin suspendu. Pour se livrer au bruissement des
oiseaux, quelle surabondance d'ailes et de
gazouillements ne faut-il pas loger en soi ? Quel immense espace d'eaux ne faut-il
pas avoir en soi pour aborder à la première vraie rive ? Seuls se hâtent au désert ceux qui sont plus
désolés qu'un continent de sable! Combien d'ombrages en soi ne faut-il pas pour se fier
aux ombrages des arbres ? |