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Armand Robin : l'oeuvre libertaire

*     *

 

Le cerveau, ce fat piaffant
Sans pitié,  corps,  ô machine neuve !
Pousser à bout les possibilités du cerveau!
Avant de l'admettre,  à cent travaux le soumettre !
Machine de beauté !

 M'exercer à mon âme avant de la donner !

 Les tortures que je m'invente sont insuffisantes !
Je tire vers moi mon poème broc par broc ! ­
Dans la nuit je sens une grosse tête de jument
Epaisse,  qui me prend près d'elle.

 J'aime les étoiles debout sur mon sommeil.
Pour ma gorge je veux une volage volonté !

 Je voulus sans nul sentier connaître le monde entier,  
Je voulus,  moi sans pays,  connaître tout pays !

 J'ai pris tout site,
Tout appui de géographie,
Tout alibi d'astronomie,

        J'en ai fait mon bien,  là-bas,  ici !

 J'ai parlé confusément,  péniblement,
Avec mes mots d'homme fatigué,
D'homme travaillé,  retravaillé.

 Pas hâtifs,
J'ai dépassé le temps,  l'espace,
Et les conditions du monde ;

l'ai vécu en fou dominé.

Index des textes libertaires

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