Refusant
tous les ports et les bords défaillants,
Loin
des rames sauvant mes volontés de vent,
Moi, jonc poussant près des sources obscurément,
Je me suis défleuri de tout fleuve sauvagement;
Mon rire a pris rictus dans les marines dents.
Je
vogue élan rodeur vers tout sens vacillant
Sans seuil, sans sol, sans ciel lon de moi je m'étends;
Passager m'assaillant de hasards oscillants,
Me plissant en sillages sifflants, éconduisant
L'écume, lente amante étendant son lit blanc,
Dans les rocs rugissants des îles j'ai pris rang.
Mes
songes secoués en pays sanglotants
Au flanc des flots félons font effort frêlement;
Vers le nord, vers le midi zigzaguant m'entrecroisant,
Je rode, élan rodeur vers tout sens vacillant.
Sans seuil, sans sol, sans ciel et sans moi je m'étends.
Sous
la lune avec son chancelant fragment
Filouté sur le front d'un taureau blanc dormant,
Vient m'aider quand je suis roulant croulant;
Sa tête de camarade m'encorne tendrement,
Me pousse plus avant sur mes chemins flottants. |