- 1934 - |
| janvier | |
| février | Pris par la politique, AR participe à des manisfestations ouvrière de la gauche révolutionnaire et prolétarienne à Lyon: sans être communiste, il se sent proche de la CGTU. |
| mars | |
| avril | 2 : carte postale de Rome à Marcel Laurent: AR se trouve en voyage en italie: Florence, Rome. Déçu par la jeunesse fasciste. |
| mai | |
| juin | Après l'écrit de l'agrégation, AR rentre à
Paris, où il habitera désormais, . Admissible à l'écrit, il prépare l'oral. 27 : lettre à Marcel Laurent, signée Le Bas, du surnom que les Lyonnais lui ont donné (le bas Breton) |
| juillet | 13 : résultats de l'oral: AR est 1er collé. Il télégraphie les résultats à ses amis Lyonnais |
| août | 17: sollicite un poste de surveillant d'externat
dans une école primaire supérieure de Paris: le directeur de l'enseignement supérieur
de la Seine sollicite l'avis du doyen de la faculté de Lyon au sujet de "Robin
Vincent". La faculté de Lyon répond par la liste des diplômes d'AR et les
appréciations des professeurs: - français : Esprit intéressant, de la curiosité. Mais la dissertation que j'ai lue de cet étudiant ne dépassait pas la moyenne. - latin : assez faible, dit l'un. Peu d'activité et d'assiduité, dit un autre. - grec : Je connais un Robin Armand; est-ce le même ? |
| septembre | 6: lettre à Marcel Laurent du Oasker (sic): son
poste de surveillant pourrait lui valoir 1400 à 1500 f/mois. 12 : lettre à Jacques Permezel : se trouve chez son père et s'interroge sur son avenir : santé, argent (sa bourse a été renouvelée grâce à son admissibilité), travail, études... Il s'analyse aussi: "le celte est instinctif, impulsif; l'imagination, la sensibilité, la foi le poussent comme le vent fait voguer les nuées sur le ciel jamais immobile de sa patrie ; la sérénité, le calme gréco-latin le gênent comme le fait un ciel trop ouvert, trop stable. Il faudrait que tu voies le caprice perpétuel de ce ciel bas et sombre, que tu t'en pénètres les yeux et l'âme, que jamais rien là-dessous ne te paraisse achevé, fini, esclave des limites précises de la pensée classique, que tu oublies que quelque chose puisse devenir jamais parfait, immanquablement parfait dans sa nature et surtout dans sa forme, que tu te persuades intimement qu'une idée n'est pas plutôt parvenue à son expression qu'une autre bientôt, toute proche, imperceptiblement différente, vienne la recouvrir, la recouvre déjà, pour mieux dire, suivie d'une troisième, échangeant ainsi une forme jamais précise contre d'autre formes jamais précises, comme les nuages au ciel se détruisent l'un l'autre leurs existences éphémères." 28 : Carte postale de Locronan à Marcel Laurent : se trouve à Plouguernével, a accepté un poste d'instituteur suppléant éventuel à Paris jusqu'à Noël, donne son adresse provisoire : 8 rue du Regard, à Paris dans le VIe. |
| octobre | 23 : lettre pessimiste et très lucide à Marcel
Laurent: "notre génération est sacrifiée: il n'y a
d'honneurs, il n'y a de médailles, il n'y a de considération, il n'y a plus simplement
de pain, que pour les vieux, les gens que l'âge a bien assis, bien calés, après de
solides digestions, pendant 30 ou 40 ans, de solides digestions d'estomacs bien pleins,
bien ronds; le monde ne reconnaît qu'eux et ce sont eux qui font le monde; les vieillards
et les vieilles idées, regarde comme cette rouille s'étend; chaque pays, tour à tour,
découvre son vieillard de Tournefeuille, désapprend de vivre avec des idées
généreuses, des idées de bonheur, des idées de jeunes.
Pour nous, rien; une maigre pitance, à quatre sur dix d'entre nous, les veinards;
l'avenir fermé, comme si nous étions de trop; et, pour nous apprendre à avoir conçu
quelque espoir et souhaité que notre vieux monde, un beau jour, se réveille joyeux dans
une lumière toute neuve, bientôt la botte et le poing, et, pour notre cerveau, des
"Marseillaises" sur de gros cuivres; et, bien plus encore - car la farce n'est
pas assez bonne et nous sommes venus trop tôt dans un siècle trop vieux - l'on nous
apprendra à être des vieillards à 20 ans, l'on nous inspirera le désir de courir à la
vieillesse, de la glorifier, de maudire les idées jeunes, pour défendre à coups de
matraque les pensées lasses de Joseph de Maistre. Toute cette jeunesse, il nous faudrait la défendre, consciemment, la porter en nous jusqu'à notre mort. Je crains bien que nous ne soyons vaincus, que bientôt nous n'ayons à subir le destin de nos camarades allemands, qui ont suicidé en eux leur jeunesse, leurs jeunes promesses d'avenir.Là-bas aussi - et ailleurs- l'air a retenti du bruit de la révolution, puis ce bruit s'est éteint, tandis que s'élevait le fracas de milliers de bottes. J'ai entendu Malraux, l'autre soir; ce soir encore, je compte l'écouter; je ne sais s'il a foi dans la victoire, s'il espère en la naissance d'un monde où il y aurait place pour autre chose que des drapeaux et des revues militaires et l'hypocrisie des "honnêtes gens". Sa voix, en tout cas, s'élève, grave, triste, un peu nerveuse et, le long de phrases aux détours compliqués, peu accessibles pour la foule, la révolte naît, s'élève, s'abaisse, disparaît, puis finit par triompher, maîtresse enfin, mais après quelles luttes! " a fait un mois de suppléance comme instituteur, ce qui lui a valu 1500f et va sans doute devenir boursier à la Sorbonne. 23 : demande le transfert de son dossier
universitaire de Lyon à Paris |
| novembre | 10 : quitus de la bibliothèque de l'université
de Lyon: le dossier suit son cours 14 : dossier universitaire arrivé en Sorbonne 27 : lettre à Marcel Laurent : habite 24, rue des fossés St Jacques, Ve; envisage de passer des vacances de Noël chez son ami Balvay et de rencontrer ses amis lyonnais à cette occasion. mais surtout il a commencé une vie intellectuelle et artistique et peut-être déjà intéressé par la traduction de poètes étrangers : "Pour moi, pas plus que l'an dernier, JE NE PRÉPARE PAS L'AGRÉGATION: "des neiges bleuâtres surgit une musique trop chère", me murmure Alexandre Blok; le prestige et la splendide pureté de ce lyrisme blokien sont choses trop pénétrantes pour que je n'acquiesce pas à l'invitation et ne me rende au Wonderland bienheureux. - Comment résister à la tentation? Et y a-t-il place, dis-moi, pour le parfait agrégatif, dans l'Univers d'André Breton, dans cet Univers que feront naître les neiges de DEMAIN? La question se pose de savoir si nous pouvons nous glisser là où l'être privilégié tourne sa face orgueilleuse vers le ciel allaiteur de troupeaux montagnards ?" |
| décembre | fin d'année à Lyon |
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