- 1912 à 1928 - |
| 19 janvier 1912 | Naissance à 10 h du soir de Vincent Armand Marie Robin à Kerfloc'h en Plouguernével, Côtes-du-Nord. Il neige... Son père, François Marie, cultivateur, a 44 ans; sa mère, ménagère, est Marie Rose Goupil ou Goubin, elle a 38 ans. Le jeune Vincent - qu'on appellera en fait Armand - est et restera le 8e et dernier enfant du couple. La famille habite une maison en pierre à 2 niveaux: au rez-de-chaussée les bêtes; l'étage est occupé par la maisonnée. |
| 22 janvier 1912 | Déclaration en mairie et baptème à l'église paroissiale.
Son parrain est Vincent Robin et sa marraine Valentine Jouanny. A noter que sur le
registre des baptèmes, la date de naissance est "la veille", soit le 21
janvier. Sur le registre d'état civil, la date du 21 a également été rectifiée en 19.
Un mystère entoure le nom de la mère : d'après les registres (église et mairie), c'est "Goupil". Mais sur le livret de famille, la fin du nom "Goubin" a été barrée et remplacée par "Goupil". Pourtant le grand-père maternel s'appelle bien Pierre Goubin. En 1958, le secrétaire de mairie de Plouguernével confirmera ce nom... ce qui n'a pas empêché pas un des témoins du baptême de signer "Goupil". Il est vrai que sur le registre d'état civil, il a déclaré ne pouvoir signer !!! |
| 1914 | D'après le prière d'insérer de Ma Vie sans Moi, rédigé par Jean Paulhan, AR aurait reçu un coup de pied sur la tête venant de son cheval favori. |
| septembre 1917 | ou 1918 : Déménagement de la famille Robin de Plouguernével au Oasquer [orthographes diverses, Oasker, Ouisquie, Gwazh Kae... aujourd'hui Le Goasquaich sur les cartes de l'IGN] dans une ferme nettement plus grande : 38 ha de terres et prés et 12 ha de bois. Le village, tout proche de Rostrenen, faisait alors partie de Glomel. C'est son paysage que l'on retrouvera dans Le Temps qu'il fait. |
| septembre ou octobre 1918 | Entrée à l'école publique de Rostrenen, où Armand aurait été conduit le 1er jour à travers champs par un voisin plus grand, Jouan. Reconnaissant de l'avoir conduit au lieu d'apprentissage du français, il lui donnera un rôle dans Le Temps qu'il fait. Le directeur de l'école était alors monsieur Clair. Comme plusieurs de ses petits camarades, AR ne parle que le breton. |
| septembre ou octobre 1922 | AR entre en 7e à Notre Dame de Campostal, école privée de Rostrenen. C'est sans doute le curé de la paroisse qui a servi d'intermédiaire: "On en fera un évêque", aurait-il dit à la mère. L'enfant aurait d'abord été mis en observation en 8e. Le supérieur est le chanoine Toussaint Le Calvez. |
| septembre ou octobre 1923 | AR entre en 6e à Campostal comme "externe surveillé": il reste donc à l'étude du soir. Il habite Oisquay (sic... ) en Glomel. |
| 20 juin 1924 | C'est jour de Confirmation à Rostrenen, sacrement dûment administré par l'évêque du diocèse. Ce même mois AR a dû faire sa communion solennelle. |
| septembre 1924 | La famille déménage à nouveau pour Kergroas en
Plounevez-Quintin, berceau de la branche paternelle. Oisquay est laissé à Hippolyte, le
frère aîné d'Armand et à Christine, sa femme. Armand s'y sentira toujours chez lui,
Hippolyte étant le seul de ses frères à le comprendre. Rentrée en 5e à Campostal, toujours comme externe surveillé. A midi, Armand déjeune chez sa soeur, Mme Huitol, commerçante à proximité de l'école. Le soir il rentre plutôt à Oisquay qu'à Plounevez-Quintin. |
| juin 1925 | Le palmarès de la classe de 5e est éloquent: 1er prix en :
Devoirs de vacances, tableau d'honneur, instruction religieuse, grammaire,
zoologie-botanique, orthographe et analyse, narration française, thème latin, version
latine, anglais, examens trimestriels. Il est 2e en exercices grecs, et seulement 1er
accessit (3e place) en arithmétique Naturellement il est prix d'excellence, obtenant 21 premières places et 2 secondes; l'élève classé 2e n'obtient que 3 premières places et 7 secondes. |
| 5 octobre 1925 | rentrée en 4e |
| 15 juin 1926 | version anglaise: un dîner japonais, tiré du livre de lady Anna Brassey, le tour du monde en famille, 1891 (éd française): 1ère traduction d'Armand Robin qui nous soit parvenue. |
| septembre - octobre 1926 | AR entre en.... seconde à Campostal. Il vient en effet de sauter la 3e ! Quelques semaines d'adaptation, et il se retrouve à nouveau en tête de classe ! Il est toujours étiqueté externe surveillé, et domicilié à Plounevez-Quintin |
| septembre - octobre 1927 | AR entre en classe de 1ère, dite aussi classe de
rhéthorique, avec la perspective de passer son 1er bac à la fin de l'année. 12 élèves
composent la classe. Une surprise attend les élèves de Campostal: le chanoine Toussaint Le Calvez,supérieur historique de l'établissement, a laissé sa place au chanoine Jean Augel, qui y règnera jusqu'en 1935. Objectif du nouveau: asseoir son autorité. Le professeur de français d'Armand est l'emblématique chanoine Keranflech. |
| février - mars - avril 1928 | date assez imprécise: la fin de 2e trimestre ou le début du
3e trimestre est la plus communément admise pour l'événement capital dans la vie
d'Armand: il est renvoyé de Campostal et va devoir préparer le bac en solitaire. Comment en est-on arrivé là ? Sous le règne d'Augel, AR bénéficiait d'un régime de liberté assez particulier : lectures, emploi du temps, sorties... Surnommé Voltaire, il avait aussi des idées bien arrêtées et savait les exprimer. Le nouveau supérieur a sans doute vu là une limite à son autorité. Un libelle aurait circulé contre lui. D'autres parlent d'inscriptions sur des tableaux noirs ou des murs. Le supérieur y a vu la marque de Robin, et décide de sévir en l'accusant en public. Robin - qui est innocent (cette fois) - réplique : il est immédiatement exclu. Cela ne l'empêchera pas de figurer sur la photo de classe prise le 17 juin, d'après un camarade. Ce qui est sûr c'est AR a bien fait le 2e trimestre à Campostal. On a effet retrouvé chez son frère Hippolyte un carnet autographe intitulé "Places des Compositions" pour le 2e trimestre. AR y est 1er en littérature française (18), histoire moderne (16), dissertation française (12), critique littéraire (13,5), version grecque (13), thème grec (10), thème latin (9), algèbre, instruction religieuse, version anglaise (14), examen trimestriel (15); il est 4e en version latine (10), 3e en thème anglais (10), géométrie et histoire ancienne (14,5). |
| 28 juin 1928 | Ecrit du bac. 21/40 en composition française; 20/40 en version latine: "le savoir se dissimule souvent sous des dehors modestes"; 19/40 en version grecque: "la capitulation d'Athènes en 404 av JC". |
| 13 juillet 1928 | 8h - 10h30: oral du bac à Rennes. Les résultats sont
publiés à 11h: Armand Robin est reçu avec mention Assez Bien avec un total de 181
points. Malgré son renvoi, il sera d'ailleurs le seul reçu de Campostal. Explication grecque: 16/20: Xénophon Anabase II,6 Explication latine: 15/20: Cicéron Pro Archia I Explication française: 13/20: La Bruyère Anglais: 22/40 Histoire ancienne: 15/20 : Annibal Histoire moderne: 15/20: Dupleix l'Inde Géographie: 11/20: Madagascar Mathématiques : (a+b)2 - sécantes à un cercle : 14/20 |
| 17 juillet 1928 | 1ère lettre autographe, adressée de Rostrenen à son parrain. Il y raconte son premier bac. |
| Juillet - août - septembre 1928 | AR se débrouille pour obtenir une bourse afin de faire sa rentrée en terminale dans l'enseignement public. A cette fin, il a longuement discuté avec un futur condisciple, Louis Rabardel, rencontré à Rennes pendant les épreuves du bac. |
| septembre - octobre 1928 | AR fait sa rentrée comme interne boursier au lycée public de Saint-Brieuc en classe de philosophie, où il a comme professeur Raymond Ruyer. Il y retrouve Louis Rabardel. Il y suit des cours supplémentaires en latin et grec. |
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